mercredi 8 juillet 2015

CONSEIL MUNICIPAL DU 2 JUILLET 2015


INTERVENTION VERONIQUE MONGE 
DELIBERATION 12 : 
ATTRIBUTION D’UNE SUBVENTION A ADOMA

Mme Le Maire,

Je ne reprendrais pas mes propos sur le quartier des Fossés Jean. 

Mais sur ce quartier du Petit Colombes vous procédez de façon similaire en densifiant la résidence sociale. Vous avez octroyez en avril dernier une constructibilité supplémentaire à ADOMA pour réaliser son opération de logements. Ce n’est pas un problème en soi puisque cela s’inscrit dans une opération de démolition reconstruction qui vise à réduire la capacité d’accueil sur ce seul site Mais cela atteste bien de votre volonté de nous attaquer systématiquement sans fondement. 

On peut noter également la position du Conseil Général qui se désengage totalement de ce projet alors qu’il devait en être co financeur. Financement : 0€ pour une collectivité qui a dans ses compétences le champ social, c’est regrettable.

Mais mon propos ce soir est autre.

Je souhaite vous interpeler sur la situation que vivent aujourd’hui un certain nombre de migrants accueillis au sein de ce foyer. 
En effet, lors de l’expulsion, à paris, mi juin, des réfugiés en provenance du Tchad, du Soudan, d’Erythrée, un accueil d’urgence a été organisé par la préfecture de Paris et a conduit à loger une 40aine de personnes, des hommes, dans ce foyer du Petit Colombes. 

C’est une situation transitoire pour ces personnes qui attendent de bénéficier du droit d’asile. En aucun cas cet accueil ne bloque le projet d’évolution de la résidence puisque celle-ci n’a vocation à être démolie que début 2018 au terme des relogements engagés.

Dans un moment de vie difficile, qu’aucun d’entre nous je pense ne peut imaginer, il est important qu’un signe de bienveillance soit donné. 

Nous ne pouvons pas ignorer ce qu’il se passe au-delà de nos frontières. 

Le témoignage d’un jeune réfugié dans le parisien hier est poignant et je vous invite à regarder ce film visible actuellement sur ARTE la pirogue, odyssée d’hommes poussés à l’exil et qui est aussi un témoignage très fort de ce que peuvent vivre ces migrants.

La solidarité s’organise sur le quartier avec les associations et les habitants.



Quelle mobilisation la ville envisage t’elle pour accompagner ce premier accueil difficile et qui implique un soutien au plan administratif notamment mais aussi humanitaire.

Je vous remercie,

Véronique MONGE

mardi 7 juillet 2015

CONSEIL MUNICIPAL DU 2 JUILLET 2015

DELIBERATION 7 : RENOVATION DES FOSSES JEAN
INTERVENTION VERONIQUE MONGE 

Mme Le Maire,

La rénovation du quartier des Fossés Jean entre dans une phase opérationnelle et c’est une bonne chose pour les habitants du quartier.

J’ai pour ma part deux préoccupations qui concernent la programmation en matière de logements.

    •     Le projet tel que nous l’avions conçu sous notre mandat prévoyait la construction d’un programme en accession de 46 logements au droit de la rue Stalingrad et Langevin à proximité de la future médiathèque.

Ce programme répondait à un double objectif de :

    •    Favoriser le parcours résidentiel des habitants des Fossés Jean qui souhaitent rester sur le quartier et,
    •    De répondre aux enjeux de mixité sociale avec des logements attractifs qui attirent de nouveaux habitants.

L’offre de logement en accession se faisait en partie à un cout maitrisé accessible aux locataires du parc social comme nous l’avions fait avec succès sur d’autres programmes neufs.
Le programme intégrait également une offre de logements généreux par leur superficie, leur organisation pour bénéficier d’un plus et attirer une population nouvelle qui trouverait là des appartements différents, spacieux et attractifs au regard de ce qui se pratique dans d’autres villes ou quartier où le foncier est plus cher. Un étage accueillait un espace commun, que les propriétaires pouvaient collectivement s’approprier dans un esprit coopératif.

Mais vous, madame le Maire, que prévoyez vous sur ce premier programme qui inaugure le démarrage du projet :

En premier lieu, vous qui n’avez eu de cesse de nous attaquer sur la densification de la ville vous avez comme premier acte sur ce quartier de modifier la programmation et de densifier le programme avec 45% de logements en plus,

Vous abandonnez les logements en accessions à couts maitrisés,
Vous réduisez les surfaces des appartements avec le risque qu’ils perdent leur attractivité et ne deviennent qu’un produit de défiscalisation.

Ce programme n’a plus rien à voir avec une opération de logements pour valoriser le quartier et répondre aux besoins des colombiens. 

Il est dans votre projet une simple opération financière.
Et il l’est d’autant plus que vous maintenez par contre la vente du foncier à un cout bas, 650€ du m². Ce qui laisse à penser que le promoteur ou l’architecte engrange une belle plus value. 

Tout cela est aberrant. L’intérêt général, celui des habitants, n’est  pas au cœur de vos préoccupations  alors que les enjeux de bien vivre sur ce quartier sont énormes.

    •    Ma seconde préoccupation, qui peut avoir un lien avec la précédente sur les aspects financiers, concerne l’architecte. 
En effet vous ne vous êtes pas contentée de revoir la programmation mais vous avez retiré la mission à l’architecte que nous avions retenu et vous avez placé l’unique architecte de vos projets, International Architectures. 

Je suis très interrogative sur ces pratiques sans concurrence, cette façon de mettre la ville entre les mains d’un seul homme.
Heureusement que nous sommes à Colombes et non à Levallois  car nous  pourrions faire des liens malveillants


Je vous remercie,
 Véronique MONGE

vendredi 3 juillet 2015

CONSEIL MUNICIPAL DU 2 JUILLET 2015



CONSEIL MUNICIPAL
 INTERVENTION VERONIQUE MONGE 

DELIBERATION 1 :  

APPROBATION  DU CONTRAT 
DE VILLE 2015-2020

Mme Le Maire,
Depuis le début des années 80 des moyens importants ont été mis dans la requalification des quartiers les plus fragiles et l’amélioration la vie de leurs habitants. La politique de la ville a permis des avancées significatives dans les quartiers mais toutes les difficultés ne sont pas pour autant résolues.
Les difficultés restent même très fortes dans certains quartiers qui sont comme une caisse de résonnance dans un contexte de crise notamment à l’égard des jeunes.
Il est donc indispensable qu’une attention toute particulière soit maintenue aux conditions de vie dans ces quartiers.
La ville ne peut pas se construire dans une ambition et une identité forte si des quartiers et des territoires restent exclus de son développement.
Alors oui, 
Il faut plus de moyens sur ces quartiers,
Il faut plus de moyens à Colombes sur les quartiers des Fossés Jean et du Petit Colombes,
Plus de service public,

Un accompagnement adapté aux besoins des habitants  pour mieux les aider face aux difficultés qu’ils rencontrent que ce soit en matière d’emploi, de formation, d’éducation, de santé….
La réforme de la politique de la ville entreprise par l’actuel gouvernement et qui se traduit par un recentrage des moyens là où les besoins sont les plus importants est une bonne chose. Les moyens sont désormais concentrés sur 1500 quartiers au lieu de 2500 auparavant avec un effet levier qui doit en être renforcé.
Cette réforme répond à un besoin de plus d’égalité et la politique de la ville en avait bien besoin. Pour que le travail puisse se poursuivre avec les effets attendus il faudra par contre aller au-delà de la sanctuarisation des moyens qui n’est prévue pour l’instant que jusqu’en 2017.

Colombes est directement concernée par cette réforme.
Ce sont, aujourd’hui encore, 18 000 habitants qui  vivent au sein d’un des secteurs des quartiers retenus comme prioritaires sur le Petit Colombes, les Fossés Jean et la cité des musiciens à Europe. C’est moins qu’auparavant, puisque les anciens dispositifs comptaient environ 40 000 colombiens. La sortie du quartier Europe du fait d’une situation qui s’est améliorée par le travail de requalification engagée montre  l’importance de l’action et de la volonté publique pour l’amélioration de la vie des habitants.

Ce contrat de ville est donc important pour notre ville et les quartiers restant prioritaires. Désormais le travail doit se mener simultanément et dans une cohérence plus forte entre les différentes politiques et les différents partenaires et acteurs locaux afin de favoriser la cohésion sociale, le renouvellement urbain et le développement économique des territoires.

Le contrat de ville que vous nous présentez ce soir est une première étape.
J’ai bien conscience que vous avez du l’élaborer dans un timing serré puisqu’il y avait une exigence de finalisation avant l’été et qu’il est surement perfectible. Le travail partenarial que vous engagerez à la rentrée avec les différents partenaires, les associations donneront corps à ces orientations par des actions précises et construites je l’espère au plus près des besoins identifiés.

C’est un document riche, intéressant et les diagnostics posés sur les différentes questions du développement économique, de la cohésion sociale, du cadre de vie traduisent bien la situation de notre ville, et les fragilités sur lesquelles il est nécessaire de travailler pour construire une ville unie, solidaire.
Pour certaines des orientations on y retrouve des axes importants des politiques que nous avions menées je pense par exemple à l’insertion par l’emploi, à une partie de la politique du logement, à la requalification des quartiers ou à des actions d’une autre nature comme  la lutte contre les violences faites aux femmes.
Mais d’autres orientations m’interpellent je ne vous le cache pas, car elles sont en contradiction fortes avec vos premières actions de mandat.  Et cela me fait craindre qu’elles ne figurent dans ce contrat que parce qu’elles constituent les piliers de la politique de la ville fixée par l’état.
Je ne vais prendre que deux exemples pour ne pas être trop longue mais la question qui est posée, que je vous pose pourrait se résumer ainsi :

Avez-vous une politique pour Colombes, une vision de l’avenir de notre ville  ou votre politique est elle juste une politique de gestion et de comm ?
En effet, comment pouvez-vous mettre la réussite éducative et scolaire comme une priorité ? Comment pouvez-vous donner cette priorité dans ce contrat de ville alors que dans le même temps, dans votre politique locale, celle que vous menez depuis un an, vous ne faites pas de l’éducation des enfants une priorité. 
La réforme des rythmes scolaires telles que vous l’avez mise en place à Colombes va à contrecourant de la réussite éducative :
    •    Pas d’allègement du temps d’apprentissage scolaire quotidien. Vous êtes restée sur des journées lourdes pour les enfants avec  6 heures d’enseignement,
    •    Le regroupement des activités périscolaires le vendredi marquant une rupture de 2.5 jours d’écoles pour les enfants avec les difficultés de remobilisation que l’on connait,
    •    Et ce regroupement sur une demi journée ne permet plus l’ouverture aux pratiques culturelles, sportives, éducatives gages de réussites puisqu’elles sont désertées par les familles ;
    •    Suppression de 30 postes d’animateurs.

Madame le maire  allez vous revoir vos choix et adapter le temps périscolaire pour qu’il soit un réel levier de lutte contre les inégalités d’apprentissage ?

Même remarque pour la santé.
 
Enfin la vérité en matière de santé est rétablie ce soir par le biais du contrat de ville. 
9.4% des habitants de colombes bénéficient de la CMU soit presque deux fois plus que pour le département des Hauts de Seine.
Un nombre de praticiens nettement inférieur à la moyenne départementale :
49.9 Médecins généraux pour 100 000 habitants alors que la  moyenne est à 75 pour le département
46.5 Médecins spécialistes pour 100 000 habitants alors que la moyenne sur le département est de 116.9.
Un déficit médical très fort et qui risque de s’aggraver si l’on considère l’âge des médecins dans notre ville : 1 sur 2 à plus de 55 ans.

L’accès à la santé est un sujet essentiel dans notre société.  
C’est un sujet de société. 
 Et vous en avez fait un sujet de gestion, une question purement financière en supprimant les consultations de spécialistes du centre municipal de santé.

Nous voyons à quel point ce soir la santé  est une préoccupation dans notre ville.
Nous vous avions alerté en décembre dernier sur la situation et les conséquences d’une telle décision. Vous étiez restée campée  sur une position totalement irrationnelle et incompréhensible.

 Mais ce soir Mme le Maire le contrat de ville que vous nous présentez doit-vous amener à revoir votre position et à engager un dialogue avec les différents financeurs pour que cet équipement présent sur le quartier prioritaire du Petit Colombes puisse être réinvesti par des médecins spécialistes et assurer convenablement la fonction qui lui est dévolue pour répondre aux besoins des habitants.

Un dernier point concernant les projets urbains et la question sensible du logement. Là aussi vous êtes en total décalage entre ce que vous écrivez comme orientation stratégique et ce que vous avez fait depuis un an de mandat. Mais aussi en contradiction avec les positions que vous avez eu dans l’opposition lorsque nous avons mené une politique active en matière de construction pour les colombiens.

Avec le programme local de l’habitat nous avons construit une politique de logement accessible à tous les colombiens avec du logement social, du logement en accession encadré et du logement en accession libre. Les parcours résidentiels pouvaient être accompagnés dans leur diversité.
Nous nous sommes engagés pour le rééquilibrage du logement social sur la ville et vous l’indiquez dans votre document nous avons fait baisser de 10% le logement social sur le Petit Colombes avec l’éco quartier de la Marine.

Parmi vos orientations figurent la construction de logements sociaux dans les zones en déficit. Mais vous avez toujours voté contre les petits programmes de logements sociaux que nous avons construits hors quartiers prioritaires. Et depuis le début de votre mandat vous vous exonérés totalement du Programme Local de l’Habitat en vigueur.

Une satisfaction par contre je retrouve dans le contrat de ville le Programme d’intérêt Général pour l’amélioration de l’habitat privé que nous avons impulsé, qui concerne toute la ville mais  doit permettre dans les quartiers prioritaires d’avoir un accompagnement spécifique des propriétaires pour que leur patrimoine intègre bien la dynamique de requalification à l’œuvre sur les quartiers.

Je vous remercie,



Véronique MONGE


jeudi 18 juin 2015

INTERVENTION VERONIQUE MONGE - CONSEIL MUNICIPAL DU 4 JUIN 2015

DELIBERATION 22  :  GARANTIE COMMUNALE HAUTS DE SEINE HABITAT POUR       L’OPERATION DE 10 LOGEMENTS PLS SITUE BD DE VALMY

Mme Le Maire,

Au moins le rapport est clair. Vous ne faites pas référence à du logement social pour cette opération. Et vous avez raison car ce n’en est pas.

Nous avions travaillé à cette opération qui est présenté ce soir avec l’objectif d’un programme mixte qui intégrait du logement social. Situé dans le centre-ville de Colombes il constituait une opportunité de rééquilibrer l’offre sur la ville en vue notamment de permettre le parcours résidentiel des colombiens.

Ce programme s’inscrivait dans les objectifs du Programme local de l’Habitat de Colombes en réponse aux besoins des habitants de la ville.

Cette affaire ce soir montre bien vos intentions en matière de logement ; Le non-respect du PLH et un coup d’arrêt à la construction de logements sociaux.

Vous nous proposez là un programme en PLS c’est-à-dire en logement intermédiaire relativement couteux et de surcroit à durée de vie limitée. C’est du logement qui se dit social mais pour 17 ans seulement et après cela redevient du logement privé à loyer libre. Le locataire n’a aucune sécurité.

C’est la grande parade de beaucoup de villes de ce département qui ne veulent pas prendre leur part à l’effort de solidarité nécessaire pour prendre en compte les besoins de logements accessibles au plus grand nombre.

Alors que les besoins en logements restent criant Colombes fait l’impasse et développe une offre de logements en décalage complet avec les besoins locaux dans leur diversité.

Bien entendu je voterai contre cette délibération contraire à ma conception des politiques de logement.

Je vous remercie,

Véronique MONGE


mercredi 17 juin 2015

CONSEIL MUNICIPAL DU 4 JUIN 2015

INTERVENTION VERONIQUE MONGE 
DELIBERATION 1  :  RAPPORT ANNUEL RELATIF A LA GESTION DE LA DETTE

Mme Le Maire,


Ce soir, Mme le Maire, nous allons être d’accord au moins sur un point : la ville de colombes dispose d’un encours de dette sain et diversifié.
Pas d’emprunt toxique,
Une répartition équilibrée entre taux fixe et taux variable
Et une diversité de préteur. Je me satisfais à ce titre  du nouveau partenaire intégré en 2014, la banque postale qui déploie une offre de crédits avantageuse au plan financier et qui est un partenaire transparent et responsable. Vous vous inscrivez dans la continuité de ce que nous avons fait. Vous pourriez d’ailleurs, dans un état d’esprit constructif, admettre que nous avons été très attentifs aux emprunts que nous avons contractés sous notre mandature et vous pourriez même vous en satisfaire. Certaines collectivités sont en grande difficulté du fait d’emprunts toxiques. Et je rappelle que vous aviez vous-même, en 2006, contracté un emprunt à risque pour un montant de 10 millions d’euros auprès de Dexia. Nous l’avons géré et nous sommes sortis de cette situation. Il me semble que c’est un point positif à souligner.

Par contre je ne suis pas d’accord avec vous, Mme Le Maire, sur deux points de votre exposé sur la dette ce soir.

Je ne suis pas d’accord sur l’analyse que vous faites de l’encours de dette à fin 2014.

Comme vous l’indiquez l’encours de dette a augmenté sous notre mandature. C’est une évolution assumée. Nous n’avions pas comme objectif politique de laisser la ville à l’abandon mais bien celui d’accompagner son développement, de répondre aux besoins en école, en crèche, en équipement des habitants de Colombes, de rénover les quartiers. Nous avons investi pour l’avenir de Colombes.  Notre ville entre 2008 et 2014 a connu une croissance d’environ 800 habitants par an. L’attractivité de Colombes est forte et pour qu’elle le demeure il est important d’assurer un bon niveau d’équipements et donc des investissements.

Est-ce que cela doit vous conduire, comme vous le faites, à salir l’ancienne équipe municipale en faisant croire à une gestion  irresponsable des finances de la ville ?
NON
Je l’ai déjà dit dans cette assemblée ce qui est important en matière de dette c’est de suivre et de maitriser son évolution au regard d’indicateurs précis. L’indicateur qui mesure la capacité de désendettement de la commune et qui indique qu’au-delà de 12 ans les collectivités entre dans une zone dangereuse au plan financier est un indicateur partagé de tous. Vous l’utilisez et nous l’avons aussi utilisé, bien entendu.

A la fin de notre mandature, fin 2013, la capacité de désendettement de la ville était de 10 ans. Nous étions donc en deçà des seuils d’alerte. L’analyse financière réalisée par le cabinet Klopfer dont nous avons régulièrement parlé dans cette enceinte mettait en perspective ce ratio, car c’est cela qui est intéressant pour une collectivité : qu’elle sache jusqu’à quel niveau elle peut dégrader ce ratio en phase de fort investissement pour le ramener progressivement ensuite vers des niveaux plus acceptables.

C’est ce que nous indiquait cette analyse et prospective financière. Et vous n’avez de cesse que de détourner cette analyse pour tenter de nous faire passer pour des irresponsables.

Je ne partage pas non plus votre conception de la dette et de sa gestion. Vous faites de la baisse de la dette un objectif en soi. Comme si une dette basse était un signe de bonne gestion. Mais ce n’est pas aussi simple que cela Mme le Maire. Une dette basse peut aussi vouloir dire que la ville ne remplit pas correctement ses missions d’entretien, de construction, d’investissement au service des habitants. C’est ce que vous aviez fait d’ailleurs lors de votre premier mandat en 2001. Vous aviez épargné pour rembourser des emprunts plutôt que d’investir pour la ville et nous avions constaté en 2008 un retard important dans les travaux notamment sur la voierie et les bâtiments scolaires.

Vous avez donc en quelques mois en 2014 fait baisser la dette de 13 millions d’euros et ramené la capacité de désendettement de la ville à 7.3 ans. Dont acte. Au passage cela a le mérite de clore le débat sur notre gestion, et de montrer que la situation de la ville n’était pas aussi catastrophique que vous vouliez le laisser penser.

La question qui peut légitimement être posée est celle de comment vous y parvenez ?

En premier lieu il faut préciser que les périodes de changement de majorité municipale constituent une aubaine pour la nouvelle équipe. Il y a un temps de latence qui facilite les économies. Ce sont par ce biais quelques millions d’économies qui ont été réalisé en 2014. Une dizaine pour être précise. Mais ce n’est que temporaire puisque l’on retrouve globalement ces dépenses en 2015.

En second lieu vous avez pris le parti de différer des investissements. C’est le cas par exemple des équipements numériques dans les écoles et centres de loisirs. Nous avions engagé ce chantier en 2014. 1.8 millions d’euros étaient prévus à cet effet. Le projet a été différé par vous en 2015 et vous vous le réappropriez  pleinement si je me réfère au dernier Mag dans lequel vous avez une communication forte à ce sujet. C’est une bonne chose pour la réussite des enfants de Colombes.

La question de la dette est un sujet difficile à appréhender pour les habitants ; c’est un sujet sensible. Vous en faites un acte de communication  démagogique et politicien là où nous gagnerions tous à faire de la pédagogie. C’est dommage.

Je vous remercie,
Véronique MONGE

CONSEIL MUNICIPAL : DELIBERATION 7  : COMPTE ADMINISTRATIF 2014

INTERVENTION VERONIQUE MONGE
CONSEIL MUNICIPAL DU 4 JUIN 2015


Mme Le Maire,

J’ai compté dans les 20 premières lignes de votre rapport il y a 7 fois le mot « dérapage »  pour faire croire une nouvelle fois à l’irresponsabilité de l’ancienne équipe municipale.

Mais personne n’est dupe. Vous êtes une fois de plus dans une présentation à charge. Utiliser l’attaque permanent n’est pas un témoignage de force. Je vais me permettre de faire référence à une personne qui vous est proche, M. Sarkozy, qui a pour expression de dire « L’arme des faibles est la calomnie ».
Vous en abusez une nouvelle fois ce soir en vous mettant dans une posture « je suis le maire qui règle tout et redresse la situation désastreuse dans laquelle nous a conduit la politique de gauche de l’ancienne municipalité ». Je ne vais pas insister personne ne crois plus à cela.

Je vais être très courte sur ce compte administratif.

Il serait tellement plus simple de dire que vous faites d’autres choix de gestion et de mettre en avant les décisions que vous avez prises dès votre arrivée pour y parvenir. Des décisions qui bien sur transparaissent dans ce compte administratif mais ne sont jamais clairement énoncées et assumées.

L’année 2014 n’est pas une année classique. Elle est marquée par un changement politique. Nous avons voté un budget et ce bilan est celui d’une année ou vous avez cherché à défaire au moins en partie ce que nous avions prévu.

Il s’agit notamment de la suppression de la consultation spécialisée du CMS de colombes, de la suppression de mairies de quartier, de l’interruption de la construction de logements sociaux (ex Epinay), de l’appauvrissement des instances de démocratie participative. Et surtout il s’agit des nombreux emplois publics supprimés et des économies que vous avez fait sur le dos du personnel en supprimant une prime dont disposaient 450 agents de la ville.

Je l’ai déjà indiqué c’est un choix qui vous est propre, qui atteste de la conception de colombes que vous avez. Une conception qui je pense ne peut conduire qu’à accentuer des fragilités qui existent déjà dans notre ville au lieu de créer de la cohésion sur ce territoire contrasté entre les quartiers du Petit Colombes, des Fossés Jean notamment et ceux du sud.

Mais tout cela vous ne l’indiquez pas dans votre rapport.

Comme vous n’expliquez pas le non versement par la ville des participations au budget du centre sportif  prévues au budget et au centre municipal de santé. Ce sont ainsi 3.6M€ qui ont été économisés. Je croyais que le sport était une priorité. Que cache cette manipulation peu orthodoxe ?

Vous parlez de la stagnation des recettes fiscales et la baisse  de la CVAE mais vous n’indiquez pas qu’elle résulte de la réforme entreprise par Nicolas Sarkozy lorsqu’il était président et qui en supprimant la taxe professionnelle a privé les collectivités d’un levier dynamique en matière de recettes.
Et enfin vous ne dites pas grand-chose sur les recettes issues du contrat de développement que nous avons signé avec le conseil général à l’époque. C’est dommage car vous auriez pu le valoriser avec votre fonction de conseillère départementale comme étant un contrat que nous élus de l’ancienne équipe municipale avons très bien négocié.

Mais lorsque l’on est toujours à charge, l’objectivité est difficile.

Je vous remercie,

Véronique MONGE

mardi 16 juin 2015

Il y a des choses que l’on ne peut accepter !

Tribune de Véronique Monge Conseillère municipale

dans le Mag infos de Colombes de juin 2015


La gestion d’une ville est difficile. Les questions de propreté, les encombrants, la sécurité préoccupent beaucoup les habitants, et les élus sont parfois démunis pour apporter des solutions adaptées à ce qui relève le plus souvent d’incivilités.

Par contre rien de plus facile que d’éradiquer la présence de SDF à Colombes. Ni une, ni deux, une benne à ordures, la police municipale et le tour est joué !

Comment est-il possible d’imaginer un maire à l’initiative d’un acte aussi violent ? On peut tous rêver d’une ville, d’une société où les sans abris n’existent pas. Mais doit-on, pour ce faire, les déloger comme cela a été fait sur le parvis de la Paroisse le 28 avril dernier…

3 hommes sans domiciles fixes ont élu refuge depuis quelques temps à l’entrée de la paroisse saint Pierre – saint Paul. Un comité de suivi s’est mis en place en décembre 2014. Il  réunit des associations caritatives de colombes (le secours catholiques, la rampe…), des travailleurs sociaux avec pour objectif de  trouver des solutions durables à ces personnes en grandes difficultés et de les accompagner vers ces solutions. Ce travail partenarial est très important. Mais il se heurte au manque crucial de place d’hébergement dans le département et à des modalités d’accès complexe ou tout au moins peu adaptée à ce « public ».

Alors à quoi cela sert il de déloger ces hommes avec violence en leur retirant leur peu d’affaire, leur médicament ? Si ce n’est les mettre en plus grande difficulté encore ?

La seule réponse qui vaille est une réponse politique. Quand est ce que les pouvoirs publics se saisiront avec responsabilité de cette question pour que des structures d’accueil vraiment adaptées soient construites, pour renforcer l’offre de maisons relais qui assurent un accompagnement social au quotidien…

Le service public de l’hébergement et de l’accès au logement crée il y a quelques années a pour vocation de diminuer le nombre de personnes à la rue et de travailler sur l’insertion des personnes les plus fragiles. Mais au-delà du partenariat qu’il a renforcé entre associations, entre partenaires institutionnels et du maillage territorial pour une offre plus adaptée il ne peut faire sens que si les collectivités construisent.

Dans les hauts de seine en 2013 l’état a financé 2 400 places en hébergement d’urgence et 980 pour de l’insertion. Pour faire face aux besoins se sont près de 1700 nuitées hôtelières qui sont prise en charge chaque jour. De nombreuses associations se mobilisent et œuvrent avec leurs moyens pour faire face à l’accroissement des situations d’exclusion dans le contexte de crise que l’on connait. Elles doivent être soutenues, et être bien intégrées dans les réflexions locales sur la politique du logement. Il est de la responsabilité des maires que de créer les conditions de ces avancées qui seules permettront des réponses durables.

Aujourd’hui les colombiens se mobilisent : plus de 1000 colombiens et citoyens ont signé la pétition en ligne ou sur papier et des témoignages sont écrits dans les cahiers mis à disposition à l’accueil de la paroisse Saint Pierre Saint Paul ou à la Rampe.

Ne fermons pas les yeux sur ces situations de vie. Même si elles nous dérangent.

Véronique MONGE