Intervention de Véronique Monge
pour les élus du groupe Citoyens Autrement au Conseil municipal du 28 mars 2013
Monsieur le Maire, chers collègues,
Le budget 2013 soumis au vote ce soir est un budget particulier puisqu’il est le dernier de cette mandature. Il est à ce titre une vitrine du travail accompli
ces dernières années et les colombiens peuvent y lire la rigueur de
notre équipe en termes de gestion, de fiscalité, le respect de nos
engagements en termes de projets…
Pour notre groupe ce budget 2013 reflète notre choix d’une politique ambitieuse qui tourne Colombes vers l’avenir tout en restant solidaire.
Cette ambition est marquée, cette année encore, par un programme d’investissement d’envergure : 63 millions d’euros sont prévus pour améliorer et développer notre ville.
Les
projets, travaillés en concertation avec les habitants, sont désormais
en phase opérationnelle avec des chantiers sur toute la ville comme
l’illustrent :
- le démarrage de la rénovation tant attendue du quartier des Fossés Jean,
-
la poursuite de la rénovation du quartier de l’Europe et de celui du
Petit Colombes avec le réaménagement complet des places Aragon et Victor
Bach,
- l’ouverture de la médiathèque, le démarrage du groupe scolaire de l’écoquartier de la Marine.
La
piétonisation de la rue Saint Denis et la réhabilitation des cinémas
donneront une nouvelle attractivité au centre-ville d’ici la fin de
l’année.
La
livraison de l’école maternelle Victor Hugo réhabilitée ou les
importants travaux réalisés sur la piscine marquent tout autant notre
volonté de maintenir un service public de qualité.
370 logements seront livrés en 2013
dont 110 logements sociaux c'est-à-dire 30% conformément à notre
Programme Local de l’Habitat. Sur cette question nous sommes satisfaits
de la proposition du gouvernement de fixer la TVA pour la construction
de logements sociaux à 5% à partir de 2014 et de confirmer ainsi cette
priorité nationale.
Les
études seront engagées, sur le secteur THALES, pour définir l’avenir de
ce qui sera demain un nouveau quartier de la ville, avec des logements
diversifiés, des bureaux, des équipements.
Notre ville change, se transforme et cela est rendu possible par une gestion rigoureuse et attentive au maintien de ce qui fait l’identité de Colombes, sa richesse associative, culturelle, son action solidaire….
La solidarité c’est aussi l’engagement de ne pas augmenter les impôts dans un contexte déjà très difficile pour de nombreuses familles. Colombes peut mettre en avant le plus faible recours à la fiscalité du département depuis 2008.
Notre groupe votera le budget 2013 car c’est un budget responsable qui porte les valeurs qui nous motivent,
celles d’un service public de qualité, efficace, à l’écoute des
habitants, celles d’une ville moderne, ouverte sur son environnement,
celles aussi qui favorisent le bien vivre ensemble.
Mais nous souhaitons aussi, ce soir, partager une inquiétude que nous avions déjà exprimée l’an dernier.
Si
notre action locale reste ambitieuse nous nous inquiétons plus
généralement de l’avenir des collectivités. Non pas que les communes
soient menacées dans leur existence mais elles sont affaiblies dans
leur capacité à développer le service public.
Les
réformes engagées ces dernières années et particulièrement la
suppression de la taxe professionnelle sous le gouvernement de Nicolas
Sarkozy, les dispositions prises pour maitriser les dépenses publiques,
les évolutions des dispositifs de péréquation entament la capacité des
collectivités à piloter leur budget et donc leurs politiques.
Je prends pour exemple nos propres recettes :
le budget présenté ce soir indique des recettes de fonctionnement en
progression de 0.45% par rapport à celles de 2012. Elles évoluent de
145.4M€ à 146MK. Dans le même temps, Colombes doit financer une dépense
imposée par la péréquation nationale qui, elle, est en augmentation de
520 000€. Et cette contribution à la péréquation va augmenter dans les
années à venir.
Nos marges de manœuvre pour maintenir un service public même à l’identique s’en trouvent réduites.
Comment
les collectivités locales vont elles gérer cette tendance dans les
années à venir ? Comment faire obstacle au risque d’appauvrissement du
service public qui pour continuer d’exister n’aurait d’autre solution
que de se « standardiser » ? Quel modèle doit être inventé ?
C’est
une réflexion qui peut sembler éloignée de l’actualité de ce soir mais
pour notre groupe elle est fondamentale et doit être partagée avec le
plus grand nombre, élus et citoyens, pour que continue d’exister un haut
niveau de service public à Colombes et ailleurs.
C’est
une réflexion qui doit aussi se nourrir du changement dans le paysage
institutionnel de l’Ile de France avec de nouveaux territoires de
services publics qui voient le jour, que ce soit l’agglomération, la
métropole de Paris, le Grand Paris…
Nous
n’avons bien sûr pas de réponses à toutes ces questions mais nous
souhaitions les porter devant l’assemblée et marquer notre volonté
d’engager ce chantier collectif pour que l’offre de service public
propre à notre commune puisse garder sa spécificité.
Je vous remercie.