samedi 13 février 2016

CONSEIL MUNICIPAL DU 11 FEVRIER 2016

INTERVENTION VERONIQUE MONGE
DELIBERATION 1 
DEBAT D’ORIENTATIONS BUDGETAIRES 2016

Madame Le Maire,

Ce qui est bien avec vous, Mme le Maire, c’est votre prévisibilité !

Nous avons une fois de plus ce soir, sur ce sujet important du budget, un document et une présentation à charge.
Et visiblement vous considérez que cette stratégie vous exonère d’une communication sur votre politique municipale et sur vos priorités.
Il faut être honnête  on a une progression par rapport à l’an dernier: vous êtes passée de 9 pages à 18.
Cela aurait pu être au profit d’une expression politique claire et assumée sur le projet de ville et de service public que vous portez. Mais la réalité est quelque peu différente et très peu d’éléments concrets sont communiqués sur colombes (juste quelques éléments en investissement) et sur ce que vous allez faire en 2016.

Colombes connait, comme toutes les autres collectivités, des contraintes budgétaires fortes. Et ces contraintes sont liées aux réformes successives portées par les différents gouvernements.
Une information complète et transparente aurait indiqué que ces réformes ont été engagées dès la présidence de M. Sarkozy :

·         * Avec En 2010 la suppression de la taxe professionnelle et avec elle la perte d’un levier essentiel de la politique fiscale locale.
·   * Avec Le gel des dotations de l’état pour la période 2011-2013 puis la poursuite de cette baisse par le gouvernement actuel mettant les collectivités à contribution dans la réduction du déficit public.
·       *   Avec à un autre niveau, le renforcement de la péréquation au travers de deux fonds de solidarité au niveau de l’ile de France et au niveau national.
·      Et la réforme territoriale entrée en vigueur en 2016

Toutes les collectivités subissent  ces contraintes. Et elles communiquent toutes sur cette situation. Elles le font même en dépassant les clivages politiques comme en témoigne les expressions de l’AMF, association pluraliste des maires de France qui interpelle les pouvoirs publics sur l’impact de ces mesures pour  les territoires, et leurs habitants. Le discours est responsable parce qu’il est celui d’hommes et de femmes maires, président(es) d’agglomération qui se sont toujours montrés soucieux de la maitrise des dépenses publiques et qui sont attachés au service public et à son ancrage dans les territoires.

 Je l’ai dit lors de débats budgétaires précédents ces réformes marquent un changement radical de modèle pour les collectivités locales.
C’est une situation durable pour les communes qui doivent apporter des réponses en montrant, encore plus qu’elles ne l’ont fait jusqu’à présent, leur capacité à s’adapter, à innover en préservant la richesse du service public local c’est à dire sa capacité en prendre en compte la complexité de la période actuelle : une complexité au plan social, économique, démocratique.

Ce n’est pas simple mais c’est un enjeu majeur pour les collectivités.  

Mais vous, vous n’êtes pas dans ce discours.
Vous n’y êtes pas parce que votre objectif n’est pas de défendre le service public au bénéfice de tous les habitants de notre ville, ni de porter un service public garant de la cohésion sociale.

Vous n’y êtes pas parce que votre  politique est celle d’un affaiblissement du service public. Comme vous l’aviez fait déjà, lors de votre premier mandat, en 2001, alors que ce contexte international, européen, national était tout autre et bien différent de l’actuel.
Finalement qu’importe la période, qu’elle soit de croissance ou de crise, qu’importe les contraintes, qu’importe les besoins réels de la ville et de ses habitants votre objectif, Mme le Maire, reste constant et il n’est guère favorable aux colombiens.

Alors qu’allez vous supprimer cette fois ?
Vous ne dévoilez pas grand-chose sur le sujet. Pour ne pas dire rien. Vous vous cachez derrière un discours orienté, des attaques perpétuelles, une campagne de communication pas très glorieuse pour l’image de la politique. A la lecture du document on a le sentiment que la vie continue son cours normalement ;
Pourtant la situation va continuer à se dégrader à colombes cette année.
Je vais juste citer cette phrase p 15 de votre rapport d’orientations budgétaires : « la ville poursuivra en 2016 la politique qu’elle a menée depuis 2014 et continuera à diminuer ses dépenses de fonctionnement ». Avec un objectif de baisse que vous indiquez à 3.2 M€ soit l’équivalent de la suppression d’environ  90 postes d’agents.  Qu’il faut ajouter aux 150 suppressions que vous avez votées dans votre budget 2015. On ne fait pas le même service public avec 250 postes en moins.

Ou, qui, quels services, quelles prestations vont être supprimés? 

L’an dernier nous avons eu le centre municipal de santé, les mairies de quartier, le personnel d’entretien des batiments communaux, les animateurs. Qu’allez-vous faire cette année ?
Rien n’est indiqué….
Vous parlez dans votre tribune  de recentrer l’action de la ville sur ces missions essentielles. Mais avec un tel niveau de rabotage ce n’est plus du recentrage….

C’est peut être finalement une politique qui commence à bien se dessiner même si vous mettez toujours beaucoup d’énergie à ne pas l’expliquer aux colombiens, ni à l’assumer clairement. J’aimerai personnellement voir cette énergie déployée pour servir les colombiens, tous les colombiens.

Je vous remercie,











dimanche 3 janvier 2016

Tribune de Février 2016

2016, une année de défis…

…pour préserver les valeurs qui fondent notre société et qui nous unissent dans le respect des différences…
…pour combattre la peur et retrouver l’esprit de solidarité qui donne sens à notre pays…
 Sans oublier les défis économiques, sociétaux, écologiques…et le défi de la démocratie

La démocratie est malade, l’abstention aux élections, la menace du Front National en sont des signes forts. Mais elle reste un idéal. Concevoir autrement la politique, est une nécessité. Le citoyen doit s’emparer de la sphère politique, être dans les débats et défendre une conception exigeante de la démocratie. C’est à nous d’agir….


Mes meilleurs vœux à tous les colombiens.

lundi 2 novembre 2015

Le point sur les migrants

Des migrants à Colombes ?!

Pour les lecteurs non informés :


Mi-juin, foyer Adoma, rue Colbert, un car de la Préfecture de Paris déposait 30 migrants (squat La Chapelle), rejoint un mois plus tard par 10 autres (squat Austerlitz).

40 jeunes hommes originaires du Soudan, d'Erythrée et du Tchad  arrivaient dans un lieu inconnu avec leurs seuls vêtements sur le dos. 

Deux associations de proximité, l'ASTI et l'AVEC/CSC Petit Colombes, informées par hasard , sont immédiatement venues leur apporter une aide alimentaire. Très vite le constat est fait que les besoins étaient multiples et que deux seules associations ne pouvaient y répondre. La constitution d'un collectif d'associations s'est imposée pour rassembler les énergies et mutualiser les compétences de chacune. La 1ère urgence était de les soutenir dans leur démarche de demande d'asile (établir les dossiers), puis d'assurer les besoins de première nécessité, enfin leur permettre l'accès aux soins (dispositif Pass des hôpitaux).

Le collectif a donc diffusé un appel à dons matériels (aliments, produits d'hygiène, d'entretien, vaisselle, vêtements … ) et dons financiers (achats de médicaments non fournis par l'hôpital, examens médicaux, tickets de transport, produits frais … ). La réponse d'habitants (pas seulement du quartier), de commerçants, d'autres associations … fut un formidable élan de générosité et solidarité. 

Depuis le 1er jour, des bénévoles se mobilisent : distributions, accompagnements (Préfecture, hôpital, poste ….), compréhension des institutions, repérage dans la ville et dans les transports, apprentissage de notre langue ….
Dès l'instant où une association (CADA 95) a été mandatée par la Préfecture pour le suivi administratif et l'octroi d'un bon alimentaire de 4€/jour, les associations du collectif sont revenues à leurs missions associatives, au coeur de leur projet respectif : accueil d'une population nouvelle dans le quartier, soutien moral et matériel (le bon ne sert qu'à la nourriture), travail sur l'autonomie, aide à l'intégration dans leur quartier, proposition de moments festifs et conviviaux …

Pour les lecteurs avertis mais qui s'interrogent 
sur la situation présente

Les dossiers avancent mais trop lentement. Certains migrants ont acquis des droits sociaux en fonction desquels le collectif orientera ses aides ne voulant pas les installer dans une forme d'assistanat contraire à l'autonomie qu'ils acquièrent progressivement. Quant à leur devenir ?

Des dires, des propos rapportés, des interprétations ou des rumeurs, en tout cas des mots qui fâchent … et qui blesseraient ces hommes s'ils les comprenaient : l'arrivée de migrants-réfugiés 

    - ajouterait des problèmes dans un quartier où les difficultés sociales sont déjà importantes. 

Oui certes, mais où sont les équipements destinés à l'accueil des populations précarisées ? 
Au centre ville ? À Neuilly, St Cloud …? et puis n'est-ce pas injuste d'estimer à priori que ces hommes sont des  problèmes ! 

     -  retarderait la rénovation de la résidence Adoma. 

Je ne pense pas qu'on puisse l'affirmer dans l'immédiat car selon le phasage des travaux la démolition de la tour n'est prévue que fin 2017.

    - coûterait (cher ?) à la ville (donc aux contribuables). 

A me démontrer le contraire, pas un sous n'a été déboursé, l'hébergeur est un bailleur privé, une enveloppe financière a été attribuée à l'association mandatée, les hôpitaux et non le CMS ont apporté les soins …. des habitants et des associations ont pourvu à leur besoins élémentaires. Quel profit y-a-t-il à dresser des populations contre une autre … quand dans le même temps le Contrat de Ville prône le vivre ensemble ?

Mission régalienne, oui bien sûr le traitement de ces situations incombe à l' Etat et la prise en charge de ces questions n'est pas à la hauteur des nécessités. 

La ville n'a pas d'obligation mais, comme ces hommes et ces femmes au sein du collectif ou non, laissant toutes considérations partisanes, elle pouvait décider de ne pas détourner le regard et d' accueillir, tout simplement accueillir, avec bienveillance et fraternité quarante hommes qui ont traversés beaucoup d' épreuves.

A. Debrenne